Interview Nkeli Faha : J’ai décidé de faire une musique qui marque les esprits…

Nkéli Faha mec plutôt cool, en plus d’être très courtois et aimable au cours de l’entretien, a tenu à nous accorder quelques instants privilégiés afin de revenir sur son incroyable parcours, il livre pour la rédaction ses inspirations musicales et ses projets pour 2018.

Nom: Tsenuokpor
Prénon: Koku Nutifafa
Pseudo d’artiste: Nkéli Faha
Aime : la lecture, le jogging, le jardinage
Déteste : la malhonnêteté et le manque de franchise
Ecoute : la musique classique, le jazz et les chants traditionnels d’Afrique
Regarde :  le journal, les documentaires sur le voyage
Plat préféré : le poulet rôti et les légumes
Un rêve pour ta carrière : Mon plus grand rêve dans ma carrière c’est d’aller à la rencontre de musiciens venants de différents horizons et jouer avec eux, par exemple les chœurs bulgares, les joueurs de sitar indiens, les musiciens de salsa à Cuba etc.

        Wadjo radio: Bonjour Nkéli Faha comment se parte l’artiste?
Nkeli Faha: Je me porte très bien. Je pense que je suis au mieux de ma forme et à un niveau satisfaisant de ma démarche artistique.
Comment on fait le choix d’un si joli pseudo d’artiste, il y a t’il une explication particulière?
L’explication la plus plausible c’est l’amour des sonorités. Je voulais un nom qui sonne bien et qui reflète mon identité d’africaine.
Ton amour pour la musique te poussa dès ton plus jeune âge à chanter, raconte-nous un peu tes débuts artistiques!
Mes débuts remontent à ma tendre enfance où j’avais clairement démontré mon amour pour la chose dans mon entourage. J’ai eu la chance d’être élevé par des grands-parents aimants et compréhensifs qui m’avaient encouragé à développer mon talent pour la chanson. Tout naturellement, j’ai rejoint une chorale du quartier Kodjoviakopé à Lomé où j’ai grandi pour apprendre un plus sur les techniques de chant sous la houlette de maîtres de chants expérimentés. Par la suite, je n’ai pas raté une seule occasion de montrer mon talent depuis les bancs d’écoles lors des semaines culturelles jusqu’à ma rencontre avec de vrais professionnels auprès de qui j’ai acquis encore plus d’expérience.
 Quelles sont les artistes qui ont influencés ta carrière?
Le premier musicien qui m’a donné envie de faire ce métier, c’est Jimi Hope. J’ai eu la chance de le rencontrer et de bénéficier de ses conseils. Au delà du Togo, J’aime beaucoup la démarche de Ismaël Lo, Lokua Kanza, Salif Keita, Angélique Kidjo et Henri Dikongué.
Ta voix est d’un timbre vocal qui monte dans les graves es un héritage ou c’est le fruit d’un travail, c’est quoi le secret?
Je peux dire que c’est le fruit du travail. Il n’y a pas d’autres secret je pense. J’aime évoluer dans tous les registres vocaux pour que ma musique puisse toucher ceux qui aiment les voix haut-perchées comme ceux qui aiment les voix graves.
En préparant cet entretien j’ai craqué pour le titre « agbeto » un titre aux sonorités afro pop, tous les instruments étaient au rendez, je me suis plutôt embarqué raconte nous la naissance du titre! Fela Kuti t’as inspiré?
Fela Kuti m’a effectivement beaucoup inspiré. Sa musique est une grande référence pour nous les musiciens africains. C’est un morceau que j’ai composé sur scène lors d’un jam session avec des musiciens de jazz dans un club à Hong Kong. J’avais commencé par jouer les deux premiers accords pour permettre aux autres musiciens de pouvoir m’accompagner comme on n’avait jamais jouer ensemble. Ensuite les paroles sont venues tout naturellement. Je n’ai pas eu à trop réfléchir. Plus tard après ce jam session, j’avais pris le temps de parfaire la composition en y ajoutant d’autre accords de guitare, les parties jouées par les cuivres et les arrangements additionnels sont intervenus en studio d’enregistrement puisque j’étais entouré des meilleurs musiciens de Hong Kong à l’époque où j’avais enregistré ce morceau pour mon troisième disque  » Akpé « .
La musique est de plus en plus téléchargée illégalement, copiée, blessée à défaut d’être achetée, qu’es qui te motive à continuer l’aventure?
Ce qui me motive à continuer, c’est tout simplement la scène. Je suis avant tout un musicien de scène. Les concerts sont un moment magique au cours desquels l’artiste communie avec son public. Cela fait partie des aspects de mon métier que j’aime particulièrement. Donc en résumé à l’heure où l’industrie du disque est en crise, les concerts restent un moyen sûr pour un artiste de gagner convenablement sa vie et c’est fort heureusement mon cas.
Si tu ne chantais pas, tu ferais quoi?
Si je n’avais pas été chanteur, j’aurais aimé être cuisinier ou professeur d’Anglais.
Tu es un artiste, à multiple facette, à quel moment tu as ressenti le besoins d’apprentissage de la guitare?
J’avais senti le besoin d’apprendre à jouer à un instrument de musique quand j’avais quinze ans. Je voulais pouvoir m’accompagner d’un instrument en chantant. Je n’ai pas eu trop le choix. La guitare était de loi le seul instrument moderne auquel j’avais eu accès dans mon entourage. Le piano c’était un peu comme pour les enfants de riches. Je pouvais facilement emprunter une guitare à des amis qui en possédaient et dès que ce fut possible, mes proches avaient pu m’en offrir une.
Qu’es qui est le plus dur dans ce métier d’artiste?
Le plus dur parfois c’est le fait de trouver de bons collaborateurs (producteurs, managers, promoteurs, musiciens, attaché de presse etc.). Avoir une bonne équipe autour de soi et travailler en confiance avec ses collaborateurs relève parfois de l’exploit pour les artistes.
Voici un autre qui m’a donné des frissons  » novinyè », qu’es que tu racontes dans ce titre?
Dans la chanson  » Novinyé « , je parle de la nécessité pour les humains de faire preuve de bienveillance les uns envers les autres. Je dis que nos différences ne doivent pas constituer une raison de nous détester. Si nous mettons ensemble nos divers talents et connaissances, nous réussirons ensemble. En un mot, on n’a pas besoin de dénigrer les autres pour se sentir important.
Quel est la pire aventure musicale que Nkeli Faha a vécu?
Le souvenir le plus déplaisant que je garde à ce jour c’est un avec le fameux comité miss Togo. Un certain Monsieur Kinvi de ce comité m’avait posé un lapin. Je vous raconte l’histoire c’est mieux: je venais de débuter ma carrière à Lomé et je lui avais été présenté pour chanter lors des régionales. Il m’avait reçu dans son bureau et m’avait auditionné. Je lui avais chanté quelques-unes de mes chansons accompagnées par ma guitare acoustique. Après l’audition, il me donna rendez-vous un samedi à 15 heures pour départ à Kpalimé pour les régionales. Le jour J, j’arrive au lieu de rendez-vous et je n’avais vu personne. Il n’a pas eu l’honnêteté de me dire qu’il ne voulait pas de ma prestation.
Beaucoup de tes titres sont des histoires qui touchent c’est ta vie en chanson?
Effectivement, beaucoup de mes chansons sont inspirées d’histoires qui touchent à ma propre vie et à ma réalité.
C’est un choix de chanté dans ta langue maternelle ou plutôt une manière pour toi de réclamé une identité?
Je chante en Français et en Mina pour la simple raison que se sont les deux langues que je maîtrise le mieux. J’exprime mieux mes émotions et mes sentiments dans ces deux langues.
Comment ce titre « vagabon » est né, c’est quoi son histoire?
 » Vagabond « ; Je m’en souviens comme si c’était hier. J’avais quatorze ans et je me promenais sur le plus grand boulevard de Lomé quand les paroles de cette chanson me sont venues. Dès mon retour à la maison, j’avais écrit une partie du texte; Dès que j’avais appris mes premiers accords de guitare, ce fut la première chanson que j’ai appris à jouer. C’est un peu ma propre histoire que je raconte dans cette chanson.
Quand on est un artiste à texte comme Nkeli Faha, où puise-t-on l’inspiration?
Je puise mon inspiration de tout ce qui m’entoure mais aussi de mes lectures. J’observe ma société et je pense à la meilleure manière d’exprimer ce qu’elle m’inspire; tout l’art réside dans le choix des mots et expressions pour dire ce que je ressens.
« Nusianu » une très belle chanson, Dieu a une grande place dans ta vie ?
Effectivement; Dieu occupe une place prépondérante dans ma démarche. Je suis chrétien fervent. J’ai été baptisé et je lis régulièrement la bible. Je n’ai pas la prétention de chanter du gospel mais je n’hésite pas à exprimer ma foi dans certaines de mes chansons.
Comment se passe la vie de Nkeli Faha dans le privé, il rigole tous les jours, il a gardé de bon contact avec ses anciens copains?
Dans la vie de tous les jours, je suis un petit gars sans artifices. Je cuisine pour ma femme. J’adore aller au marché, être en contact avec les gens, rigoler entre potes. J’ai gardé de bons rapport avec beaucoup de copains d’enfance ou de lycée. Pour eux je reste le même Kokouvi qu’ils connaissent depuis plusieurs décennies.
Dans ma playliste Nkeli Faha je me suis permis de me lever pour bouger aux rythmiques de cette chanson entraînante « atami » un titre groove jazzy un titre comme ça se conçoit en combien de temps?
J’avais enregistré « Atami » en quelques heures avec d’excellents musiciens béninois à Cotonou. Des musiciens de Jazz évidemment d’où le groove particulièrement jazzy qui fait la beauté ce morceau.
Tu as été inactif artistiquement coté sortie d’album ou de single pendant un moment comment ça s’explique?
Cette absence s’explique par le fait que j’étais occupé à travailler avec d’autres artistes en les accompagnants aussi bien sur scène qu’en studio pour la réalisation de leurs albums. Entre autres artistes avec lesquels j’ai collaboré, il y’ les reggaemen Seyni Kouyaté (Guinée), Karl Dawkins (Jamaique), la clarinettiste nantaise Marguerite Gauthier, la chanteuse burkinabé Masara Traoré; le maître de Kora gambien Sam Sussoh.
Chaque album est un véritable succès quelle est la recette?
La recette de ce succès c’est le travail permanent et bien fait. Je respecte mon public. Je partage humblement le même état d’esprit que mon idole Lokua Kanza qui a affirmé dans une interview que ce qui lui ferait mal c’est de faire un mauvais disque. Cela veut dire que nous avons une certaine exigence envers nous-mêmes pour offrir à notre public des chansons qui ne prennent pas de rides avec les années qui passent. Cette volonté de faire des disques que les auditeurs éprouvent le même plaisir à écouter à chaque occasion, bref des chansons indémodables est je crois la marque des artistes qui aiment profondément leur métier et qui respectent trop leur public pour lui servir n’importe quoi. C’est ce qui explique aussi que je ne sors pas d’albums chaque année ou tous les deux ans.
Est-ce-que le métier d’artiste te rapporte quelques ronds? quel conseil donnerais-tu à tes jeunes frères qui voudrions suivre tes pas?
Je dois reconnaître que je gagne bien ma vie avec mon métier, Dieu merci. Mon conseil pour les jeunes qui veulent faire carrière dans l’art, c’est de privilégier le travail bien fait et le préférer à la volonté d’être constamment sous les feux des projecteurs; je veux dire par là que le désir d’être remarqué, d’être une  » star  » n’est pas un but en soi. C’est le travail qui permet à un homme de gagner sa vie.
Quel est ton plus beau souvenir de scène ?
Mon plus beau souvenir de scène c’est le concert que j’avais donné en première partie de Koffi Olomidé et le Quartier latin au stade omnisport de Lomé en 2000. Je venais de lancer ma carrière et ce fut mon tout premier grand concert que je donnais avec mon orchestre de huit musiciens.
Quels rapports entretiens-tu avec les autres artistes togolais de la diaspora européenne? Y en a que tu adore plus, avec tu t’entends spécialement bien?
J’ai de très bons rapports avec Joel Pah, un artiste togolais résidant à Liège, Inouss Landozz qui réside à Dussldorf. Quand bien même je n’ai aucun contact avec Renya qui réside à Lille, j’ai beaucoup de respect pour elle et j’aime beaucoup sa musique.
Tes albums sont à la fois idéals pour l’écoute et de nature à faire réfléchir si l’on se penche sur les paroles, c’était le but ?
Absolument. C’est effectivement le but. J’ai décidé de faire une musique qui marque les esprits avec des paroles qui ont pour mission de rappeler les vraies valeurs. Je ne suis pas un moralisateur. Je propose tout simplement une réflexion.
Quels sont tes projets pour 2018 dit nous tous!
En cette année 2018, je mets tout en œuvre pour renouer avec mon public en étant plus présent sur les scènes pour défendre ma musique. Dans la foulée, un single va sortir très bientôt en attendant le nouvel album que je prépare actuellement.
Il y a t’il une question que tu aurais voulu que je te pose que je n’ai pas posé?
Non je pense qu’on a fait le tour.
Pour suivre l’actualité de Nkeli Faha on peut te trouver sur les réseaux sociaux?
Oui sur facebook: Nkeli Faha (page personnelle) NKELI FAHA LUZ&PAZ MUSICA (page officielle) et sur Instagram: nkelifaha.
Merci Nkeli Faha de m’avoir consacré de ton temps, ca été long et ca m’a permis de rentré dans ton univers musical, le mot de la fin est pour toi.
Je remercie toute l’équipe de Wadjo radio et les amis lecteurs, auditeurs et fans de l’art en général et de la musique en particulier. Ce fut un plaisir pour moi de répondre à vos questions.

Voici une playliste de quelques titres.

Laissez un commentaire sur wadjoradio.fr

commentaires

A propos admin

Ecoutez la musique Togolaise dans toutes sa diversité. Découvrez tous les nouveaux tubes sur Wadjoradio.fr, votre Webradio 100% musique Togolaise à travers le monde. Wadjo radio le N°1 de la musique Togolaise

Check Also

Valentine alvares, une togolaise completement live

Le projet scénique de Valentine Alvares est remarquable dans le sens où il réunit les …

[Interview] Chella Eniola Bonita : mes œuvres c’est plutôt un côté folle et un physique caché que je montre..

Elle raconte ici son métier d’humoriste, sa vie, sa vision de l’humour et ses doutes. …

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Application mobile en partenariat avec Make me Droid, le créateur d'applications Android/IOS en ligne.