BIGtheme.net http://bigtheme.net/ecommerce/opencart OpenCart Templates
Lâcher dédicace
PANIER MUSIQUE

Fifi Rafiatou les années 80 à 2000!!!!

Wadjo radio :Votre carrière a charmé beaucoup de Togolais et Africains. Mais aujourd’hui tous se demandent où se trouve Fifi et que fait t’elle actuellement ?

Fifi rafiatou :Il est vrai qu’avec l’obtention des premiers prix lors de différentes compétitions dans les grandes capitales en Afrique, Cotonou, Brazzaville, Ouagadougou, Lomé, Kinshasa, surtout avec le doublet à Abidjan lors du MASA et l’Afrovision, les années 80 et 90 ont été marquées par une artiste togolaise pas très connue avant. Il faut dire que le terrain musical a été déblayé par Bella Bellow représentant la musique togolaise, d’ailleurs elle reste encore aujourd’hui l’une des références de la musique africaine. Après elle, il faut être vraiment talentueux pour faire sa place et je remercie encore aujourd’hui celles et ceux qui continuent de soutenir mes œuvres.
Après les USA et l’Allemagne, Fifi s’est installée finalement en France.
La réussite d’un artiste passe par une structure solide qu’est la production.
Le Club SAH avec son Président s’occupant de ma production est en France.
Voilà donc les raisons qui m’ont conduit à rester en France.
Comme l’a dit si bien mon producteur « son étoile brille encore », je dirai plutôt que mon étoile brille davantage.

Quelle est la raison pour laquelle, pendant un long moment vous vous êtes éloignée du public?

Je ne me suis pas éloignée du public. Reculer pour mieux sauter. J’aime la perfection. Quand on est un artiste de mon niveau le public attend beaucoup de vous. Je donne la priorité à la qualité plutôt que la quantité.
Beaucoup d’artistes se piègent en voulant sortir chaque année un album et courent derrière des concerts mais des fois tout ceci avec une médiocrité totale.
Certains artistes vont jusqu’à payer de leur poche leur billet d’avion pour pouvoir faire un concert alors qu’un artiste professionnel doit pouvoir vivre de son art.
Rien ne sert de courir. Soit on sait faire les choses et on est sollicité, soit on veut vendre à tout prix ce qui ressort de l’amateurisme.
Fifi sait donner du temps au temps.
Aujourd’hui Fifi est présente sur toutes les plateformes de téléchargement du monde de New York à Rio de Janeiro, de Londres à Madrid, de Tokyo à Hongkong, comme sur les grandes places boursières du monde.
La vie d’un artiste doit être bien managée. Pour cela il convient de mettre en place une vraie stratégie commerciale.
Aujourd’hui Fifi a son propre orchestre composé de 12 musiciens tous professionnels et plus encore dispose de ses propres instruments. Très peu d’artistes bénéficient d’une telle structure en France et j’en profite ici pour remercier mon Producteur et tout le personnel de communication, mes musiciens qui travaillent d’arrache-pied tous les jours.
Permettez-moi de vous faire remarquer que Fifi Rafiatou est l’artiste sollicité par le Togo et les représentations diplomatiques du Togo lors de grands rendez-vous et je remercie nos Ambassadeurs : Reprise de la Coopération avec la CEE (Communauté Economique Européenne), Coopération entre le Département des Yvelines et le Togo, Coopération décentralisée entre la ville de Cusset (Vichy) et La ville de Kouvé …pour ne citer que ceux-là.
Aujourd’hui Fifi Rafiatou, c’est plusieurs concerts organisés par la Production du Club SAH par an et d’autres en collaboration avec des municipalités et départements.
Rassurez-vous, je serai toujours là pour défendre la Culture Togolaise dans le monde.

Pourquoi ne revenez-vous plus au Togo ?

J’adore mon pays et les Togolais m’aiment.
En partant du Togo, je me suis fixé un objectif.
Faire connaître la musique togolaise dans le monde.
Ma chance est de tomber sur un Producteur lui aussi d’origine togolaise qui va dans le même sens et plus déterminé encore. Croyez-moi, il y a du travail à faire et je lance ici un appel à mes compatriotes artistes. C’est à nous de rayonner la musique si riche du Togo dans le monde. Cela dit, la Production Club SAH est entrain de mettre en place ma tournée au Togo et dans la sous-région pour l’année 2011. J’espère que ce sera l’évènement culturel qui marquera ma carrière et le Togo et que tous les acteurs culturels et économiques joueront le jeu.

Pensez-vous que vos fans vous attendent ?

Bien sûr que oui. Le public togolais est reconnaissant et m’est très cher.
Je suis après tout aussi le produit de ce public et je leur dois beaucoup.
Ce sera un rendez-vous à ne pas manquer.

La musique togolaise a plusieurs noms aujourd’hui à son actif.
Et la concurrence devient énorme. Cela vous dit quelque chose ?

Il y a de la place pour tout le monde et nos différences doivent venir enrichir la musique togolaise. Le Togo est petit par sa taille mais très riche par ses folklores,.
Je suis née à Atakpamé mais ma mère est d’origine Bassar, donc j’ai eu la chance d’avoir ces influences qui viennent enrichir mes compositions. Le Togo est donc un grand vivier culturel et de source intarissable. Je suis moi-même compositeur de toutes mes chansons et je haie le plagiat. La concurrence pourvu qu’elle soit loyale doit nous permettre de travailler d’avantage. La musique togolaise a de l’avenir, à nous de savoir ce qui est vraiment pure création togolaise.

Le Togo vous manque t-il ?

J’ai eu la chance de voyager beaucoup dans ma vie.
Malgré tout ce que j’ai pu voir ici et là dans plusieurs pays dans le monde, le Togo reste la terre de nos aïeux. J’y ai poussé mon premier cri. Heureusement que le progrès nous rend les communications faciles. Internet avec visioconférence, téléphone moderne.
Je ne suis pas si coupée de mon Togo et suis les actualités comme si j’y suis.

Que suggérez-vous aux autorités togolaises pour améliorer la politique culturelle ?

La politique culturelle du Togo doit surtout être tournée vers la promotion de la création artistique togolaise tout en favorisant la diversité culturelle dans les secteurs du spectacle vivant, des arts plastiques. Cette politique doit tourner autour de 3 axes qui sont : la conservation, la transmission et la mise en valeur de notre patrimoine dans un contexte de mondialisation des marchés et de récession économique, l’état togolais doit mener une politique d’encouragement à la création artistique. Aujourd’hui rien d’autres qu’un agencement de mots, de règles et de principe mais pas d’actions concrètes dans le domaine culturel.
J’ai quand même foi en nos dirigeants qui font beaucoup d’efforts dans plusieurs domaines mais pas assez à ma façon pour préserver et encourager la création musicale togolaise et dans la lutte contre la piraterie.
Jusqu’à quand continuerons-nous à consommer les cultures étrangères soutenues par de vraies politiques d’expansion en négligeant les nôtres.

Politiquement, est-ce la gouvernance du pays vous dit quelque chose ?

Lors de l’élection présidentielle, j’ai sorti un clip vidéo dont le titre est Dényigba, appelant tous mes compatriotes à aller voter massivement. En ma qualité d’artiste populaire, cet appel à tous les Togolais de tout âge, de tout horizon, sans distinction de religions, de régions, d’ethnies ou de partis politiques à s’unir et à œuvrer ensemble pour construire le pays a été critiqué par les uns et les autres et je me réjouis aujourd’hui et adhère à cette paix politique revenue au Togo. J’apprécie l’ouverture d’esprit de nos dirigeants acceptant le partage et surtout leur générosité. Rien n’est possible sans la paix et j’espère que la culture togolaise sera aussi bénéficière des retombées économiques
Les togolais sont des gens intelligents et il va de l’intérêt de tous les togolais.
Mon appel n’a pas été une utopie mais plutôt prophétique.
Je remercie ici tous ceux par qui mon rêve est devenu une réalité.

Votre si long séjour en Europe ne vous a-t-il pas coupé de vos racines ?

Pas vraiment !
J’appelle mes parents chaque jour. Ceux qui me connaissent savent que j’aime souvent m’habiller à l’africaine. J’ai gardé mes couturières du Togo pour mes tenues scéniques.
En France j’ai récupéré une d’elles. J’aime cuisiner à la togolaise.
Je réunis 2 fois par mois mon fan Club au siège du Club SAH où ils viennent goûter à mes plats. Ces soirées sont dénommées : le Raficlub.
Finalement on trouve pratiquement tout à Paris sauf le mont Ifè et la faille d’Alédjo.

Est-ce que cette élection à domicile en Europe a engagé votre famille ?

Il faut déjà dire que durant ma carrière d’artiste, je voyage beaucoup mais pour de courtes durées soit pour représenter le Togo soit à la demande des organisateurs d’évènementiels et Ministères de la culture d’autres pays. C’est souvent des voyages de 2 jours à plusieurs semaines. Il faut savoir ce qu’on veut dans la vie. Il s’agit d’un exercice profitable pour moi-même, pour ma famille, mes proches et pour mon pays.

Avez-vous une vie amoureuse ?

La vie n’aurait aucun sens, sans une relation amoureuse mais cette vie m’appartient seule et j’en parle peu.

Des enfants ? Garçon ? Fille ?

Oui j’ai 2 enfants : 1 garçon et 1 fille.
Ceci n’exclut pas 1 autre enfant à venir.

Quel message envoyez-vous aux jeunes artistes de la maison ?

Rien ne se fait sans le travail et il faut croire en ce qu’on fait soi-même.
Le succès ne peut venir qu’après. J’apprécie les pionniers de la musique togolaise qui étaient des gens si talentueux mais n’ont pas pu bénéficier d’une carrière internationale.
J’encourage tous les artistes togolais pour ce qu’ils font. Ils doivent oser provoquer leur chance dans la dignité. Mon souhait pour les années à venir est de voir mon Producteur s’occuper de plusieurs artistes togolais afin de constituer une vraie écurie face à la concurrence internationale.

Vous en connaissez ? lequel ?

Bien sûr ! Je suis l’actualité musicale du Togo.
Ben, je connais : Vanessa Worou, Mirlinda, Toofan, Ali Jezz, Master Drums, Djanta Kan, Noelie, Amen Viana, Renya, Santy Dorim….

Quels succès à l’international avez-vous eu avec la musique ?

Tout a commencé par mon 1er prix lors de l’Interville organisé par Radio Lomé au moment où je n’avais que 13 ans. Après ça a été une collection de trophées avec d’abord la reconnaissance africaine par le 1er prix au MASA, Afro Vision, Fespaco, Fespam et le succès mondial est vite arrivé avec le 1er prix au printemps d’hiver en Corée du Nord, le festival de Harlem à New York avec de grands artistes comme Rita Marley, Stevie Wonder, Germain et Janet Jackson, Ray Charles…ainsi que le festival de Saint Martin aux Antilles. Avec le Club SAH je suis aujourd’hui la seule artiste d’origine africaine à représenter la world music au Château de Chambord et j’ai honneur de représenter la culture togolaise auprès de nos Représentant diplomatique. C’est aussi là le rôle que peuvent jouer nos artistes.

On gardera de vous encore vos titres « Ago » et « Midogbeda »

Mon répertoire est vaste et varié
Du folklore à la salsa, du blues au reggae
Je m’amuse avec ma voix. Il faut dire aussi que je suis aussi instrumentiste : je fais de l’harmonica et du talking-drums. Mon Producteur étant un excellent batteur, j’aimerais lui damer le pion, pas pour la rivalité méchante mais pour me surpasser.

Etes-vous connue comme artiste dans votre quartier et ville de résidence?

Je vivais à Los Angeles et en 2006 mon producteur m’a fait venir pour la 1ère fois à Sannois pour la fête de la musique et depuis c’est le grand amour entre cette belle ville du Val d’Oise et moi. La Production basée à Sannois, 2 concerts y sont organisés par an. Du Maire de la ville qui est un ami de mon Producteur et qui joue un rôle déterminant dans cette ville jusqu’au conducteur d’autobus, toute la ville me connaît. Certains ont découvert le Togo par ma présence dans cette ville. Les marchands n’hésitent pas à m’offrir des cadeaux ce qui des fois me dérangent un peu.
Vous verrez mes photos avec des agents de police du Commissariat de Sannois dans mon Fan Club sur mon site officiel. Je suis invitée par le Maire de la ville officiellement chaque année pour les vœux. Je ne sais pas si un artiste togolais bénéficie d’autant de notoriété aussi en France. La production du Club SAH a signé l’année 2009 une conventionavec le Département du Val d’Oise pour l’exploitation culturelle du Stade du CDFAS qui reste le plus grand stade couvert de ce département. Le premier concert organisé a été le mien. Sannois est connue par son Moulin du 18è siècle et par le célèbre écrivain Cyrano de Bergerac. Aujourd’hui j’y vis et suis vraiment heureuse.

Pourriez-vous nous dire 2 mots sur votre Champagne « Et Dieu Créa la Femme »?

Ce champagne peut être commandé sur mon site et peut s’acheter lors de mes concerts et dans certains magasins partenaires. On peut l’acheter également à l’Ambassade du Togo. L’objectif de mon producteur est de réaliser un champagne qui reflète ma carrière.
Après plusieurs refus des viticulteurs français, la chance a frappé finalement à notre porte.
Les producteurs de vin Augé et Fils qui sont des exploitants agricoles depuis 5 générations ont alors accepté le concept d’un champagne cuvée spéciale avec ma photo. Certains journalistes critiques ont cru qu’il s’agissait juste d’un produit de marketing. Non, ce champagne ayant devenu un trait d’union entre le prestige français et le continent africain et ses cultures, la production est garanti pour plusieurs années et la marque est déposée.
Nous n’avons pas encore de distributeur au Togo mais il se vend bien dans le monde

Avez-vous un coup de gueule ?

S’il y a bien des choses qui exacerbe ma colère, c’est bien des critiques de certains togolais se posant la question pourquoi je ne chante pas toujours en français pour être mieux connue. A ceux-là je réponds : le jour où Isabelle Boulay, Carla Bruni, Vanessa Paradis, Patricia Kaas, Mylène Farmer, Gérard de Palmas, Julien Clerc ou Johnny Hallyday chanteront en éwé, ifè, kotokoli, kabyè ou bassar, je ferai l’effort moi aussi de composer mes chansons en français.
Vous n’imaginez pas à quel point ça me saoule de lire ou entendre ce genre de truc. Chacun fait la promotion de sa culture. J’ai été heureuse de vendre après un concert un dictionnaire français/ éwé à un spectateur qui s’est intéressé à une de mes chansons chantée en éwé. Je me contenterai de faire pareil pour mes autres chansons en bassar, akposso, ou yorouba. Je ne suis pas une artiste complexée. J’invite d’ailleurs les artistes du Togo à promouvoir nos langues. Comment les togolais vont vers des chansons en zoulou, en lingala, en arabe alors qu’ils n’y comprennent rien ?
Il est vrai que la politique culturel du Togo n’est pas encore tourner vers sa propre culture, préférant faire venir au Togo des groupes musicaux étrangers pour l’inauguration de tel ou tel édifice et payés par l’argent du Togo.
Autre chose : Je suis une mère et je combats l’utilisation des enfants soldats dans le monde et j’ai manifesté ma colère en sortant une chanson dont le titre est Message aux Nations Unies. Un cd single a donc été offert aux chefs d’état de la planète ainsi qu’aux chancelleries. Ceci étant je laisse la place aux politiques pour trouver les solutions nécessaires. Et pour que ce message aille très loin j’ai chanté en français, anglais, espagnol et arabe. Aujourd’hui cette chanson est quasiment récupérée par l’UNESCO.

Votre mot de fin pour votre peuple

L’union fait la force. Le peuple togolais doit soutenir sa musique. Il est vrai que les institutions existent. Mais les moyens manquent. L’ouverture à l’extérieur doit être à l’ordre du jour. Il faut créer un nouvel état d’esprit, organiser des manifestations mobilisatrices et que nos actions soient visibles à l’échelles nationale comme internationale.
Le Togo dispose d’un outil important sur lequel il peut s’appuyer mais qui est sans cesse négligé : c’est la culture. Nous sommes un des rares pays où les initiatives privées dans le domaine culturel sont quasi inexistantes. Il faut créer un fond de promotion culturel pour aider ceux qui ont la bonne volonté de promouvoir notre culture et pouvoir profiter des possibilités de partenariat avec la coopération bilatérale et multilatérale. Moi j’ai eu la chance de tomber sur un producteur qui selon moi est d’ailleurs le seul à investir sans compter pour la promotion de notre musique. Il n’a jamais été aidé par le Togo. Est-ce normal ? Il est temps d’adapter notre politique à ce qui se fait à l’étranger. Lomé a toujours été un carrefour culturel comme Abidjan.
Il est encore possible de redonner la joie de vivre aux togolais et de faire appel à leur créativité.
Je vous remercie de m’avoir permis d’adresser ce message à mon peuple que j’aime bien.

                                                                                                                                                                                     Interview réalisée par l’animateur Kis

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Application mobile en partenariat avec Make me Droid, le créateur d'applications Android/IOS en ligne.